
ABC a lancé une nouvelle série cet été “Defying gravity” sur laquelle je me suis jetée si tôt rentrée de vacances. Avant d’entamer ma dégustation, j’ai fait une petite recherche web juste histoire de m’assurer que je ne risquais pas l’indigestion…. et j’ai eu peur.
La manière la plus facile de classer une série est de la comparer à d’autres et sur la toile Defying Gravity se trouve apparemment à un fil de Grey’s Anatomy. Peur, peur, peur.
Il est vrai que chaque épisode apporte son lot de “mes yeux dans les tiens”, “ma main t’effleure a peine” et “je vais élever un embryon de lapin comme s’il s’agissait de notre enfant” (attention spoiler). Bref, c’est une série centrée sur les relations humaines et on y retrouve aussi une voix off expliquant les tenants et aboutissants de l’épisode à la manière d’un biscuit chinois. Pour autant, Meredith Grey n’a pas pour autant troqué la blouse blanche et Seattle pour la combinaison spatiale et l’Antares (vaisseau spatial de son état).
Defying gravity est un bon moyen d’accepter la rentrée, c’est-à-dire de poursuivre les plaisirs coupables de l’été. Le scénario ne donne pas la migraine, la plupart des personnages inspirent la sympathie et l’intensité dramatique est assurée par le contexte : un voyage spatial de sept ans, un huis clos laissant l’équipage livré à lui-même. Le célèbre slogan “Dans l’espace personne ne vous entendra crier” s’applique ici et aspire même à être poussé davantage.
S’il y a une série vers laquelle lorgnent les scénaristes, il me semble qu’il s’agit plutôt de Battlestar Galactica. Des allusions mystiques (là encore niveau biscuit chinois) entourent le but véritable du voyage spatial, but qu’ignorent encore la quasi totalité des passagers de l’Antares. Si les passagers du Galactica suivaient de saintes écritures pour parvenir à retrouver le chemin de la terre, ceux de l’Antares quittent la terre pour des terres inconnues guidés par une puissance mystérieuse résidant dans l’un des compartiments du vaisseau.
Pour un voyage initiatique philosophique, l’oeuvre d’Homère est accessible ici, pour embarquer vers un divertissement sans prétention et sans Meredith Grey, c’est plutôt là :